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Piccolo Fuoco

  • Photo du rédacteur: collectifderrierel
    collectifderrierel
  • 1 févr. 2025
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 18 mars 2025

Piccolo Fuoco est une exploration d’une obsession contemporaine : celle du soulèvement. A partir d’un jeu de mots – révélation, révolution –, nous tissons un lien entre l’apparition d’une image photographique et l’émergence d’un désir collectif de renouveau. Ces deux processus reposent sur une même mécanique : faire surgir quelque chose d’invisible.


Inauguration de l'exposition le 13 mars 2025
Inauguration de l'exposition le 13 mars 2025

Ici, le fantôme n’est pas une figure passéiste ; il est ce qui insiste, ce qui revient. Au plateau, les images sont absentes et pourtant omniprésentes, évoquées par des descriptions minutieuses, des gestes suspendus, des détails techniques. Elles apparaissent comme des revenants : elles hantent les corps, saturent l’espace, brûlent un instant puis s’évaporent.


Le spectre, c’est l’avenir, il est toujours à venir.

J. Derrida, Spectres de Marx, op. cit., p.71


Le théâtre, comme la chambre noire, est un lieu d’apparition. Nous travaillons sur une mise en tension entre l’obscurité et la lumière, entre la trace et l’effacement. Avec Piccolo fuoco, la lumière naît du feu fragile d’une allumette ou du rouge saturé d’une lampe de développement. Elle révèle des fragments d’une histoire inachevée : des manifestations, des gestes de lutte, un homme qui brandit un drapeau – un geste universel, mais désespérément solitaire. Ce drapeau flotte, mais sa couleur reste inconnue, son message indéchiffrable. Il est un symbole vidé de ses certitudes, réduit à un appel, à un espoir fragile.

La narration se déploie par cadres, comme un puzzle dont les pièces ne s’emboîtent pas encore. Chaque tableau est un fragment autonome, une image suspendue. Il ne s’agit pas de raconter la révolution, ni de l’enfermer dans un récit clos, mais d’interroger son absence. Pourquoi ne vient-elle jamais ? Pourquoi la désirons-nous encore ? Constitue-t-elle toujours un échec ?


Un soulèvement est d’ordinaire un événement ponctuel. Il a

un terme. Son échec participe à sa définition intrinsèque.

(...) Un soulèvement échoue et un autre commence, ce qui

laisse penser qu’à un moment donné une histoire

cumulative des soulèvements implique un processus en

cours, une lutte dépassant les soulèvements qui la

composent, une lutte qui ne finit pas.

J. Butler, dans G. Didi-Huberman, Soulèvements, Gallimard / Jeu de Paume, Paris, 2016


John Gerrard Western Flag
John Gerrard Western Flag

Dans un monde saturé de crises, où l’avenir semble s’effacer, ce projet cherche à redonner à l’acte théâtral une fonction essentielle : celle d’évoquer l’absence, d’éclairer l’invisible, de faire entendre les voix d’une mémoire collective en lutte. Il s’agit ici d’un théâtre du doute, d’un feu fragile que nous tentons, malgré tout, de protéger du vent.


Création en cours.

Avec le soutien du Goethe Institute 2025.

Mise en scène : Arianna Sortino et Elise Villatte.

 
 
 

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